La fête de l’indépendance du Mexique commémore le soulèvement initié en 1810 par Miguel Hidalgo. Le moment central se déroule le 15 septembre au soir avec le Grito. Dans tout le pays, cette cérémonie s’accompagne de rassemblements publics, de musique, de spécialités saisonnières et de pratiques locales.
Si vous avez la chance de passer le 15 septembre au Mexique, vous pourrez voir comment tout le pays s’habille pour célébrer le jour de l’indépendance, un événement d’une grande importance historique et culturelle. Cette fête, connue sous le nom de « El Grito de Dolores », marque le début de la lutte pour l’indépendance du Mexique et constitue l’une des célébrations les plus importantes et les plus colorées du pays.
Origine historique
À la fin du XVIIIe siècle, la Nouvelle-Espagne connaît des tensions liées à son organisation politique et sociale. Les élites créoles développent une réflexion sur l’autonomie politique. La crise de la monarchie espagnole après 1808 accentue cette instabilité.
Des groupes se réunissent à Querétaro pour préparer une insurrection. Parmi les participants figurent Miguel Hidalgo, Ignacio Allende et Josefa Ortiz de Domínguez.
Dans la nuit du 16 septembre 1810, Miguel Hidalgo y Costilla fait sonner la cloche de son église à Dolores. Il appelle à la mobilisation et déclenche un mouvement armé qui se propage rapidement dans plusieurs régions.
La guerre se poursuit pendant plus de dix ans. Elle passe par différentes phases, avec des figures comme José María Morelos, puis par la recomposition politique menée par Agustín de Iturbide. L’indépendance est formalisée en 1821.
« El Grito »
Le Grito tel qu’il est pratiqué aujourd’hui résulte d’une construction progressive.
En 1825, la date du 16 septembre devient fête nationale. Au cours du XIXe siècle, la cérémonie prend une forme plus précise. Sous Porfirio Díaz, la célébration principale est fixée à la soirée du 15 septembre. La cloche de Dolores est installée au Palacio Nacional.
À Mexico City, la cérémonie se déroule sur le Zócalo. Cette place accueille une foule importante, souvent estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Le président se présente au balcon du Palais national. Il tient le drapeau, sonne la cloche et prononce les invocations. Les noms des figures historiques sont énoncés un à un. La foule répond à chaque appel.
Le feu d’artifice suit immédiatement la cérémonie. La diffusion télévisée permet à l’ensemble du pays de suivre cette séquence en direct.
Où vivre la fête de l’indépendance
La structure du Grito reste identique dans tout le pays. Les formes qui l’entourent varient selon les villes.
- À Dolores Hidalgo, la célébration conserve une forte dimension historique. La référence à l’événement de 1810 est directe.
- À Guadalajara, la présence de mariachis influence fortement l’ambiance sonore.
- À Puebla, la période correspond à la saison des chiles en nogada, ce qui donne une place particulière à la gastronomie locale.
- À Oaxaca, les célébrations intègrent des pratiques régionales, notamment dans la musique et les danses.
- Dans des villes comme San Miguel de Allende ou Morelia, l’échelle plus réduite permet une observation plus directe des interactions dans l’espace public.
Les célébrations incluent différents répertoires musicaux. Les mariachis interprètent des rancheras associées à des moments collectifs. Les bandas sont présentes dans plusieurs régions du nord et du centre. Dans le sud, les ensembles locaux jouent des musiques propres à chaque territoire.
Des danses folkloriques sont organisées dans certaines villes, souvent dans un cadre municipal.
La musique accompagne la présence sur les places et se prolonge après la cérémonie.
Les délicieux repas de la fête de l’indépendance
La cuisine associée aux célébrations de l’indépendance ne repose pas uniquement sur des plats populaires, mais sur une combinaison de saisonnalité, de logistique et de pratiques sociales. La période de septembre correspond à un moment précis du calendrier agricole, ce qui explique la présence de certaines recettes dans tout le pays.
Les boissons complètent ces pratiques. La tequila dans l’ouest du pays, notamment autour de Guadalajara, le mezcal dans des régions comme Oaxaca, et le pulque dans le centre, restent associés à des contextes régionaux précis. Leur consommation dépend du cadre familial, festif ou public plutôt que d’une obligation liée à la fête.
Voici quelques-uns des mets à ne pas manquer :
Pozole : Soupe épaisse préparée à partir de maïs nixtamalisé dont les grains éclatent à la cuisson, le pozole est associé aux repas collectifs. Il est généralement cuisiné avec du porc ou du poulet et servi avec des garnitures fraîches comme radis, laitue et citron. Sa préparation en grande quantité le rend adapté aux réunions familiales du 15 septembre.
Tamales : Préparation à base de pâte de maïs enveloppée dans une feuille de maïs ou de bananier, le tamal se distingue par son format individuel. Il peut être farci de viande, de sauce ou d’ingrédients sucrés selon les régions. Sa facilité de transport permet de le consommer dans la rue, notamment pendant les rassemblements publics.
Chiles en Nogada : Plat saisonnier originaire de Puebla, préparé à partir de piments poblanos farcis d’un mélange de viande et de fruits. Il est recouvert d’une sauce aux noix (nogada) et garni de graines de grenade. Sa préparation dépend d’ingrédients disponibles entre août et septembre. Il est principalement consommé dans le centre du Mexique pendant les fêtes d’indépendance.
Enchiladas :
Plat composé de tortillas de maïs garnies de viande ou de fromage, puis nappées d’une sauce à base de piment ou de tomate. Elles sont servies avec crème, fromage frais et oignon. Leur préparation rapide et adaptable explique leur présence dans de nombreux repas pendant les festivités. Elles varient fortement selon les régions, tant dans la sauce que dans la garniture.
Conseils pour assister au Grito dans de bonnes conditions
Assister au Grito implique une certaine anticipation, en particulier dans les grandes villes. À Mexico City, l’accès au Zócalo est gratuit, mais les contrôles de sécurité et la forte affluence nécessitent d’arriver plusieurs heures à l’avance. Les accès peuvent être restreints progressivement en soirée.
La circulation dans les centres historiques est généralement limitée, ce qui rend les déplacements plus longs. Il est conseillé de privilégier les trajets à pied ou d’utiliser les transports en amont des fermetures de rues.
Le mois de septembre correspond à la saison des pluies dans une grande partie du pays. Les averses en fin de journée sont fréquentes, ce qui peut influencer le déroulement des activités en extérieur.
Dans les villes de taille moyenne, l’accès reste plus fluide, avec des rassemblements moins denses et une organisation plus souple.
Quelle est la différence entre le Grito de Dolores et la fête nationale ?
Le Grito correspond à la reconstitution de l’appel lancé en 1810. La fête nationale englobe l’ensemble des célébrations du 15 et du 16 septembre.
À quelle heure commence le Grito à Mexico ?
La cérémonie officielle débute vers 23h. Le président apparaît peu avant pour lancer la séquence.
Peut-on assister librement au Grito au Zócalo ?
Oui, l’accès est gratuit. Des contrôles de sécurité sont mis en place et il est recommandé d’arriver plusieurs heures à l’avance.
Quelle est la meilleure ville pour vivre la fête de l’indépendance ?
Mexico City pour l’ampleur nationale, Dolores Hidalgo pour la dimension historique, Oaxaca pour les traditions locales.
Quels vêtements porter pendant les fêtes ?
Les couleurs vert, blanc et rouge sont largement utilisées. De nombreux participants portent des éléments traditionnels ou inspirés du costume mexicain.
Le 5 mai est-il lié à l’indépendance du Mexique ?
Non. Il commémore la bataille de Puebla en 1862 et ne correspond pas à la fête nationale.







