Que faire et que visiter dans la région du Chiapas au Mexique ?

Le Chiapas est une région du Mexique authentique, loin des circuits touristiques classiques. Cet État du sud-est mexicain abrite près d’un million d’habitants indigènes – soit un quart de sa population totale – répartis en neuf groupes ethniques distincts, dont les Tzeltales et les Tzotziles constituent les communautés les plus importantes.

Un patrimoine naturel d’exception

Le relief montagneux du Chiapas sculpte ses paysages. Le canyon du Sumidero, profond de plus de 1 000 mètres, s’étend sur 30 kilomètres de parois vertigineuses où nichent crocodiles, singes-araignées et plus de 200 espèces d’oiseaux. Une anecdote locale raconte que ce canyon fut le dernier refuge des guerriers Chiapa qui, plutôt que de se rendre aux conquistadors espagnols, choisirent de se jeter dans l’abîme.

Les cascades d’Agua Azul forment un escalier naturel de bassins turquoise sur plusieurs kilomètres. Leurs eaux, riches en carbonate de calcium, créent ces teintes exceptionnelles qui varient selon la saison et l’intensité du soleil. Plus au sud, les lagunes de Montebello – au nombre de 59 – offrent un spectacle unique : chaque lac arbore une couleur différente, du vert émeraude au bleu cobalt, selon sa profondeur et sa composition minérale.

Des cités mayas oubliées par le temps

L’archéologie du Chiapas révèle des trésors souvent méconnus. Palenque, joyau de l’art maya classique, cache encore ses secrets dans la jungle lacandone. C’est ici qu’en 1952, l’archéologue mexicain Alberto Ruz Lhuillier découvrit la tombe du roi Pakal, souverain qui régna 68 ans et dont le sarcophage de jade reste l’une des plus belles pièces de l’art précolombien.

Bonampak conserve les fresques les mieux préservées du monde maya, véritables bandes dessinées anciennes narrant les conquêtes du roi Chaan Muan. Yaxchilán, accessible uniquement par bateau sur l’Usumacinta, étonne par ses linteaux sculptés qui racontent l’histoire de la dynastie de Bouclier-Jaguar. Quant à Toniná, cette « maison de pierre » perchée à 900 mètres d’altitude fut la dernière grande cité maya à résister à l’effondrement de cette civilisation.

San Cristóbal de las Casas : miroir du métissage

Cette ville coloniale de 200 000 habitants, située à 2 100 mètres d’altitude, doit son charme à son architecture préservée et à sa vie culturelle. Sa cathédrale jaune et ocre, construite au XVIe siècle, mélange styles mudéjar et baroque. Le temple de Santo Domingo, avec sa façade sculptée rose et or, abrite aujourd’hui un marché d’artisanat où les femmes tzotziles vendent leurs huipils (blouses traditionnelles) aux motifs géométriques codifiés.

Chaque jeudi et dimanche, le marché transforme la ville : les communautés indigènes des montagnes environnantes descendent vendre leurs produits. On y trouve l’ambre du Chiapas – cette résine fossilisée vieille de 25 millions d’années -, les textiles aux teintures naturelles et le café cultivé dans les coopératives zapatistes.

Un territoire de résistance

Le Chiapas porte les cicatrices et la fierté de son histoire rebelle. C’est ici qu’en 1994, l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) lança son soulèvement, réclamant dignité et autonomie pour les peuples indigènes. Aujourd’hui encore, les « caracoles » (communautés autonomes zapatistes) fonctionnent selon leurs propres règles, créant écoles, hôpitaux et coopératives sans intervention de l’État mexicain.

Cette résistance se lit dans l’art mural qui orne les murs de San Cristóbal, dans les coopératives de café équitable et dans la préservation farouche des langues ancestrales. Neuf idiomes indigènes y coexistent avec l’espagnol, témoignant d’une diversité culturelle unique au Mexique.

Les incontournables du Chiapas au Mexique

Visiter la ville de San Cristobal de las Casas

Située au cœur du Chiapas, à 2300 m d’altitude, dans une petite cuvette entourée de montagnes verdoyantes, San Cristobal de las Casas bénéficie d’un climat frais. C’est une ville très colorée : les façades des maisons sont peintes de couleurs vives, les portes sont souvent sculptées et les Indiens portent des habits colorés. Fondée en 1528, elle doit son nom au dominicain Bartolomé de Las Casas, qui défendit les Indiens contre les excès des colons.

Aux premières heures de l’année 1994, la ville de San Cristóbal de las Casas a fait la une des rédactions lorsqu’une petite bande de guérilleros en a pris durant une trentaine d’heures le contrôle par les armes. L’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) a depuis délaissé l’action militaire pour lui substituer une campagne de propagande beaucoup plus efficace.

Dominant le Zocalo, la cathédrale, d’inspiration baroque, possède une façade très colorée ; ses couleurs originales, restituées en 1993, lui donnent son aspect de huipil architectural : son tissu donne les couleurs dominantes (ocre jaune de la terre de Chamula et ocre rouge de celle de Cuxtitali), les « broderies » blanches sont rendues par le stuc (chaux, sable et blanc d’œuf) et ressortent grâce à deux panneaux et deux colonnes noirs (laine de Chamula).

Au nord de la ville, l’église Santo Domingo possède une belle façade rosâtre très ornée et superbement illuminée le soir ; son intérieur littéralement tapissé d’or, d’argent et des peintures de ses retables en fait l’une des plus jolies églises du Mexique ; attenant à l’église, le couvent abrite un musée d’histoire régional et un cloître.

La maison ethnographique et écologique Na Bolom (la « maison des jaguars ») présente une collection d’objets pré-hispaniques et de nombreux ouvrages et photos sur les conditions de vie des différentes communautés indiennes.

Visiter le village de San Juan Chamula

A la périphérie de San Cristobal, les villages indiens tzotziles de Chamula et Zinacantán valent le détour.
A 10 km au nord-ouest de San Cristóbal, San Juan Chamula est connu pour sa petite église d’un blanc étincelant, en face d’une grande place. L’intérieur de l’église est simple mais surprenant ; il n’y a pas de bancs : les fidèles se mettent à genoux en petits groupes devant des rangées de cierges ou d’encensoirs, et pratiquent la religion catholique d’une façon propre à cette région en y intégrant des éléments de croyances autochtones traditionnelles. Le sol est jonché d’épines de pin afin d’absorber l’odeur de la cire des centaines de cierges qui y brûlent en permanence.

Devant les portraits de saints, des familles déposent des brassées de glaïeuls, puis consultent le sorcier pour combattre une maladie, avoir un enfant ou éloigner un esprit malfaisant. Le Coca-Cola fait partie de la panoplie du sorcier, il aide à roter et chasser ainsi le mal. Les photos y sont strictement interdites.

Ne nous y trompons pas ! Il y a certainement un fond de vérité dans ce mélange de croyances chrétiennes et de rites animistes, mais tout cela est tenu d’une main de fer par quelques caciques locaux (vous trouverez leurs belles maisons en descendant le chemin qui longe le cimetière) : les chamulans qui ne respectent pas les traditions ou les consignes de vote (le PRI est le parti unique) sont expulsés du village (la plupart se sont installés sur les hauteurs de San Cristobal), les fournisseurs extérieurs disposent d’autorisation spéciale pour entrer dans le village (cf les camions Coca-Cola qui portent en grand cette mention), l’entrée des églises est payante, … la vérité est ailleurs !!!

Visiter le village indien de Zinacantán

Zinacantán (littéralement pays des chauves-souris en Nahuatl) est une province mexicaine de l´État du Chiapas. La quasi-totalité des habitants de la province sont des indigènes mayas parlant le tzotzil.
À l’époque précolombienne, Zinacantán avait de nombreux liens mercantiles avec les Aztèques du centre du pays. La région exporte alors principalement de l’ambre et du sel.

Les premiers missionnaires arrivés à Zinacantán furent les Dominicains qui s’établirent dans la région et y construisirent une première chapelle en bois au XVIe siècle. Ils quittèrent la région avant d’être expulsés du Mexique au XVIIe siècle pour y revenir en 1976.

Il est aujourd’hui possible de s’inviter chez les villageois, certains vous ouvriront les portes de leurs maisons et vous feront goûter la tortilla faite main ou encore le poch (alcool d’agave et de canne à sucre qui est censé donner des hallucinations).

L’artisanat y est remarquable.

Découvrir l’incroyable cité de Palenque

C’est une cité maya qui se situe dans l’état mexicain du Chiapas, près du fleuve Usumacinta. C’est l’un des sites les plus impressionnants de cette culture. Comparée aux autres cités mayas, elle est de taille moyenne : bien plus petite que Tikal ou Copán, elle se distingue néanmoins par son patrimoine architectural et sculptural.

Adossée à une jungle épaisse, au pied des montagnes du Chiapas, face à la plaine du Tabasco qui se déroule à ses pieds en pente douce, Palenque (« entourée d’arbres ») est l’une des plus grandes cités mayas du Mexique.

De tous les sites mayas, c’est celui dont la découverte est la plus ancienne. C’est aussi l’un des mieux conservés et il possède une remarquable sépulture royale, celle du roi Pacal. Pour faire de belles photos, il faut y aller au petit matin, alors que le soleil peine encore à chasser le voile de brume qui enveloppe le site.

La cité a été érigée par les Mayas pendant la période classique de la civilisation maya. A son apogée en 700, Palenque était un haut lieu de culte qui s’étendait sur près de 65 km2. De nombreux spécialistes la considèrent comme l’apogée architecturale de la civilisation maya de l’ouest. Cette réussite est due à Pakal, le roi au pied-bot, qui succède à sa mère Zac-Kuk en 615 à l’âge de 12 ans.

Avec son fils Chan-Bahlum qui lui succède en 683, ils construisent la plupart des édifices de Palenque.

Des quelques 500 bâtiments de la zone de Palenque, on n’en a fouillé qu’une quarantaine, la recherche se poursuivant sur les autres.

Admirer les magnifiques cascades de Agua Azul et Misol-Ha

A quatre heures de route de San Cristobal, 60 kms avant Palenque, il ne faut pas manquer les cascades Agua Azul (« Eau Bleue ») une longue série de cascades, échelonnée de bassins naturels d’eau claire turquoise où la baignade y est un plaisir dans la moiteur de ces terres basses, 20 kms avant Palenque.
Misol-Ha est quant à elle une grande chute d’eau de 30m où l’on peut également se baigner. Un petit chemin passe derrière la cascade et mène à une petite grotte où une rivière et une cascade souterraines s’écoulent.

Parcourir Selva Lacandona

Cette forêt, malgré l’augmentation de sa destruction ses dernières années, constitue la plus grande partie de la foret haute du Mexique.
Sa richesse végétale et animale est importante et les secrets archéologiques encore bien conservées. S’aventurer à l’intérieur requiert non seulement d’un certain courage mais également d’une certaine condition physique, équipement, service de guide, autorisation et conviction de profond respect.

La réserve de Montes Azules est la partie la mieux conservée. Une possibilité d’aborder le monde de la jungle est le voyage en bateau sur les eaux du fleuve Usumacinta.

Il est également possible de loger chez les habitants de la région, à Lacanja notamment ou à la frontière du Guatemala (frontera Corozal). Vous serez dépaysés, c’est certain.

Visiter le Canyon del Sumidero en bateau

À deux heures de route de San Cristobal, tout près de la ville de Tuxtla Gutiérrez (altitude 532 m), le canyon del Sumidero s’enfonce entre des parois hautes de plus de 1000 m.
Une promenade d’1h30 en bateau rapide permet de voir des plantes peu courantes et surtout quantité d’animaux (vautours, crocodiles, hérons, …).

Les principaux sites Archéologiques de la région du Chiapas au Mexique

Bonampak

Les ruines du centre cérémoniel maya que les archéologues ont baptisé Bonampak (« murs peints ») s’élèvent sur des collines dans la vallée du Lacanhá, affluent de l’Usumacinta, à environ 30 km de Yaxchilán. On y remarque notamment les vestiges de neuf édifices ainsi que des autels et des stèles à bas-reliefs.

Découvertes en 1946, les fresques qui ont valu à Bonampak sa célébrité couvrent les parois intérieures et les voûtes d’un bâtiment rectangulaire mesurant 16,55 m sur 4,12 m, divisé en trois salles hautes de 5,50 m.

Exécutées sur un revêtement de stuc épais de 3 à 5 cm, ces peintures constituent un ensemble unique en Amérique par la sûreté du trait, la beauté des couleurs, le réalisme et la variété des scènes représentées. Une inscription hiéroglyphique sur les murs de la première salle correspond à l’an 790.

C’est toute la vie d’une petite cité maya au VIIIe siècle que les fresques de Bonampak retracent avec une vivacité extraordinaire : on y voit le seigneur du lieu, ses deux femmes, des enfants, des serviteurs enturbannés, des danseurs, des musiciens et des porteurs de parasols, des dignitaires aux luxueux ornements de plumes et de peaux de jaguar, des guerriers brandissant lances et casse-tête, des captifs à demi nus implorant leurs vainqueurs.(…)

Yaxchilan

Ancienne cité Maya située à l’est de l’état du Chiapas, le site archéologique se trouve dans une boucle en fer à cheval du fleuve Usumacinta, qui fait office de frontière naturelle entre le Mexique et le Guatemala.
Yaxchilan se compose de trois ensembles principaux : la Grande Place, la Grande Acropole et la Petite Acropole.
Pour y accéder, il est nécessaire d’emprunter, durant une petite heure, le bateau en aval du fleuve Usumacinta.

Nous vous invitons à vous y rendre si vous souhaitez être au contact de la nature (singes hurleurs, toucans) et vous prendre un peu pour un aventurier.

Tabasco : que faire et que visiter dans la région de Tabasco ?

L’état de Tabasco se trouve dans le Golfe du Mexique, dans une région au climat tropical et dont la terre fertile englobe des monts, des rivières et des lagons, couverts de forêts exubérantes.

Villa hermosa, sa capitale, conjugue modernité et richesse culturelle dans ses merveilleux parcs. Parmi ceux-ci, le Parc-Musée La Venta dans lequel vous pourrez admirer de nombreuses pièces d’archéologie de la culture olmèque et visiter le zoo, ainsi que le Parc Tomás Garrido Canabal et le Musée Régional d’Anthropologie Carlos Pellicer.

Cette ville vous offre également son Carnaval, dans un défilé coloré de chars, de musique, de danses et de masques. Non moins divertissante est la « Célébration du Mois d’Avril », au cours de laquelle vous est offert le splendide travail artisanal du peuple de Tabasco.

Dans les environs, vous pourrez visiter la petite ville de Nacajuca , dont le grand Marché d’Artisanat est spécialisé dans les articles de broderies et de feuilles de palmes.

Vous pourrez visiter également les sites archéologiques de La Venta, ancienne capitale des Olmèques, ainsi que Comacalco, un ancien centre de culte fondé par les mayas, qui ne fut pas érigé avec des pierres mais avec des briques.

Dans la réserve naturelle de Agua Selva, vous pourrez escalader des falaises et d’impressionnantes cascades, et vous trouverez une caverne connue sous le nom de « Caverne de la Lumière », où vous pourrez vous adonner à la spéléologie.

Dans la Réserve de Biosphère Marécages de Centla, vous pourrez parcourir les fleuves Usumacinta et Grijalva, et visiter le Centre Éco Touristique Yu-Balcah, zone protégée servant de refuge aux singes hurleurs et preuve vivante de la richesse de la région.

Que vous alliez dans telle ville ou tel village, vous pourrez savourer des mets tels que la salade de « pejelagarto » (poisson local), la tortue, l’iguane, le pain de banane, ou le « pozol » (boisson faite avec de la farine de maïs et du cacao).

Ces mets font partie de l’héritage culinaire de Tabasco, issu des anciennes recettes mayas et chontales.

VIDÉO DE DÉCOUVERTE DU CHIAPAS (2mn – en espagnol)